Le dimanche 25 novembre 2007

 

Une chanson de Fernand Robidoux immortalisée

Jérôme Gaudreau

La Tribune

EAST ANGUS

Une des chansons du défunt chanteur, animateur de radio et journaliste Fernand Robidoux, originaire d'East Angus, sera intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens (PACC) lors du gala annuel présenté le 1er mars à Toronto.

Tout comme quatre auteurs-compositeurs influents, un artiste récipiendaire du Prix héritage et 22 autres chansons intemporelles, Il suffit de peu de choses sera bientôt immortalisée. Moune Victor et André Lejeune avaient aussi participé à la réalisation de cette chanson populaire.

André Lejeune sera d'ailleurs un des quatre auteurs-compositeurs admis au PACC cette année. Il s'est particulièrement démarqué dans les années 50, 60 et 70 en tant qu'auteur-compositeur et professionnel de la radio et de la télévision. Alex Kramer, Claude Dubois et Paul Anka seront également intronisés au PACC, tout comme le pianiste de jazz Oscar Peterson, qui recevra le Prix héritage.

Les chansons Aimes-tu la vie comme moi? de Georges Thurston et La bittt à Tibi de Raôul Duguay feront aussi leur entrée au Panthéon.

Un artiste polyvalent


L'Angussois Fernand Robidoux a été le premier interprète à enregistrer des chansons originales québécoises et le premier artiste populaire du Québec à vendre plus de 50 000 copies, exploit exceptionnel pour l'époque.

Avec Félix Leclerc, il est considéré comme l'un des pionniers de la chanson québécoise en Europe, ayant chanté pendant quelques années du Raymond Lévesque sur les scènes françaises, dont l'Olympia.

En fait, la carrière de Fernand Robidoux a d'abord commencé en 1938 à la station de radio CHLT de Sherbrooke, en animant avec sa femme Jeanne Couet l'émission La ruche ménagère. Le couple est ensuite passé à CHLN à Trois-Rivières avant de faire un tour à Montréal à CKAC, en 1940.

Plusieurs de ses émissions de radio ont servi à faire la promotion des artistes québécois, une cause qui semble lui tenir à coeur énormément.

En 1945, Fernand Robidoux a rédigé et enregistré par la suite la chanson Je croyais qui restera le succès le plus marquant de sa carrière avec Il suffit de peu de choses. L'année suivante, afin de promouvoir la création locale, il a mis sur pied la revue Coquetel 46 qui proposait des chansons québécoises originales pondues par des vedettes établies comme Denise Filiatrault.

Après avoir retenté sa chance en France, Fernand Robidoux a fait carrière dans la presse écrite comme chroniqueur artistique au Journal de Montréal, secrétaire de rédaction pour l'hebdomadaire La semaine illustrée et rédacteur au journal indépendantiste Choc.

Mais son passage dans le monde du journalisme a été court, préférant animer L'invité de la semaine à CHLT-TV pour ensuite occuper le poste de directeur artistique d'un restaurant à Paris, situé près des Champs-Élysées. Cet endroit avait comme but de faciliter l'émergence des artistes québécois en France.

Fernand Robidoux a finalement terminé sa carrière en présentant un peu partout aux États-Unis des chansons québécoises avec son fils Michel, un musicien réputé qui a participé à l'aventure de l'Ostidshow aux côtés de Robert Charlebois et Yvon Deschamps.

L'Angussois est décédé en 1998 à l'âge de 78 ans. Avec l'intronisation d'une de ses chansons au PACC, on ne se rappellera pas de Fernand Robidoux que pour avoir aidé la chanson québécoise à obtenir ses lettres de noblesse, mais aussi pour avoir écrit Il suffit de peu de choses.